Le texte ci-après est la contribution du groupe d'opposition au débat d'orientation budgétaire lors du conseil municipal du 5 mars 2018

Le Débat d’orientation budgétaire est un moment crucial pour la commune car il détermine les choix stratégiques en matière de politique municipale. Depuis 10 ans maintenant, les élus de l’opposition formulent des critiques constructives et des propositions concrètes, en dépit des sarcasmes de l’exécutif.

La nouveauté pour cette édition 2018 est qu’enfin un Rapport d’orientation budgétaire digne de ce nom est communiqué aux conseillers. Nous saluons cette avancée, tant il est vrai que par le passé nous avons contesté la pauvreté des informations qui nous étaient transmises. Pour autant, les choix d’orientation proposés dans ce rapport sont loin de nous convenir.

Dans un contexte de réduction des dotations de l’Etat, le maintien d’un haut niveau d’investissement se fait au détriment de notre capacité à mettre en place des services rendus à la population. La moitié de ces investissements de long terme est financé par de l’argent à court terme, économisé sur le budget de fonctionnement. Un rééquilibrage de ce transfert permettrait par exemple de mettre en œuvre une véritable politique de solidarité, qui ne soit pas réservée aux seules personnes âgées. Rappelons-le, un Gleizéen sur trois habite dans un logement social. Par exemple, il ne serait pas si couteux pour la commune d’instaurer un quotient familial pour les tarifs des cantines. Au moins cela garantirait un repas sain et équilibré pour certains enfants de notre commune qui en ont bien besoin.

Si le montant global des investissements nous parait trop élevé, leur nature nous pose également problème. La demande récurrente d’une crèche pour les parents désirant un mode de garde collectif pour leurs enfants n’est toujours pas envisagée. Les efforts en terme d’isolation des bâtiments communaux sont déjà interrompus, comme si le remplacement des huisseries des écoles était suffisant. A quand un audit sur cette question énergétique ? Enfin, nous nous interrogeons sur ce qui est prévu pour accueillir dans nos écoles les enfants des 500 nouveaux logements programmés. Ne faudrait-il pas anticiper sur ces besoins prévisibles ?

Un autre grand désaccord que nous avons avec l’orientation de la commune est le choix de ce que désignez comme une politique de centralité, visant à concentrer au Bourg la plupart les aménagements. Nous considérons a contrario que la géographie particulière de notre commune doit nous amener à mieux répartir les investissements dans les différents quartiers, et que les habitants des quartiers périphériques, qui paient les mêmes impôts que ceux du centre, doivent bénéficier de la même attention. Nous souhaitons plus que jamais que soient réalisées des études pour l’implantation de points multiservices, où l’on trouverait son pain, son journal, de l’épicerie de dépannage, un dépôt de colis, une photocopieuse, etc. Contrairement à ce que vous affirmez, le projet du Village beaujolais n’est pas la bonne réponse à ce besoin de la population. D’abord parce que le SCoT approuvé par la commune précise que l’activité commerciale à Epinay doit être orienté vers les produits du terroir. Et surtout, cet emplacement ne répond pas au critère de proximité.

Enfin, notre commune pourrait investir et dépenser plus et mieux pour revitaliser la vie démocratique locale. Les réunions de quartier ne réunissent plus que les fidèles de l’équipe majoritaire. Ce n’est pas un lieu de débat ouvert et transparent. En effet, malgré nos demandes répétées, les comptes-rendus de ces réunions ne sont pas diffusés aux conseillers municipaux, pas plus d’ailleurs que ne sont diffusés les comptes-rendus du conseil des ainés ou du conseil municipal des enfants. On peut également regretter que les 5 conseillers communautaires de Gleizé aient voté pour la délégation au privé du service de l’eau, alors qu’aucun débat n’a eu lieu, ni dans cette assemblée, ni avec les habitants. Et que dire du permis de construire accordé à l’entreprise CEPOVETT, dont les gigantesques entrepôts dominent une zone résidentielle, sans que les riverains n’aient été ni informés, ni écoutés.

Ainsi, pour nous qui sommes particulièrement attachés aux principes du développement durable, nous sommes en désaccord avec des choix qui manquent singulièrement d’ambition en terme de gouvernance, de social et d’environnement. Que la commune de Gleizé contribue par sa commande publique au dynamisme économique local, soit. Mais elle doit avant tout se préoccuper du bien-être de ses habitants, de tous ses habitants, quels que soit leur niveau de revenu ou le quartier où ils habitent. Ce n’est pas ce qui est proposé, et faute de remaniements d’ampleur, nous nous opposerons le 28 mars à l’adoption d’un tel budget.