Lors du conseil municipal du 5 mars dernier, les élus gleizéens ont été conviés par M. de Longevialle à émettre un avis favorable à la demande formulée par l’entreprise Cepovett concernant l’enregistrement, au titre des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), de son activité de conception et de stockage de vêtements de travail. Cette demande fait suite à un projet d’agrandissement, mais doit également permettre à l’entreprise de régulariser une activité antérieure menée en infraction du code de l’environnement.
Interpellé par l’opposition sur le bien-fondé du développement d’une activité industrielle à risque au milieu d’une zone résidentielle, M. de Longevialle a assumé le fait d’avoir amendé le PLU communautaire, en vue d’ajouter une exception permettant la création d’une installation classée dans la ZAC de la Chartonnière (Cf. CR du conseil municipal p15).
Puis il a affirmé qu’en raison des travaux effectués, le risque pour les riverains serait moindre qu’avant. C’est pourquoi il a accordé sans en référer au conseil municipal un permis de construire à l’entreprise, permis qui ne précisait pas la demande d’enregistrement ICPE. Et il ne s’est pas inquiété du fait que la construction ait été commencée (et presque achevée) alors que l’enregistrement n’était pas encore validé par la préfecture.
Enfin, s’il a reconnu une dégradation de l’environnement pour les riverains immédiatement à l’Est du site, il a dénié l’existence d’un préjudice sur la valeur de leur bien immobilier, tout en précisant qu’il s’agissait là d’une affaire privée ne concernant pas la mairie.
Il faut dire que les liens étroits entre Cepovett et la municipalité ne datent pas d’hier. Il s’agit là de faits vérifiables, et non d’insinuations, comme le prétend M. de Longevialle (Cf. le CR du conseil municipal p17).
En 2016, la Magazine de Gleizé publiait une double page faisant l’éloge de l’entreprise (lire ici pages 8 et 9). En 2017, le maire remettait la médaille de la ville à son directeur général (lire ici l’article du Progrès). Et régulièrement, Cepovett achète des encarts publicitaires, comme cette pleine page dans le magazine municipal de 2018 (voir ici page 57).
En retour, Cepovett a ouvert grand ses portes pour accueillir M. Fillon, le mentor en politique de M. de Longevialle, alors que l’ancien premier ministre était en pleine campagne des primaires pour l’élection présidentielle (lire les articles dans Le Progrès, Le Patriote, ou sur le compte Twitter de M. de Longevialle lui-même).
Que le maire d’une commune puisse s’enorgueillir de compter sur son territoire un fleuron industriel, « le n°1 du vêtement de travail en Europe », pourquoi pas. Mais les affirmations fallacieuses énoncées ici ou là, et l’opacité totale entretenue par notre édile, nous paraissent inacceptables !
Non, M. de Longevialle, les riverains ne seront pas plus en sécurité qu’avant, avec un doublement des volumes entreposés. Et si certains vêtements sont ignifugés, les textiles utilisés contiennent quantité de produits toxiques (Cf. reportage sur Arte).
Non, M. de Longevialle, le développement de cette activité industrielle ne créera à coup sûr des emplois, ou très peu, du fait de l’utilisation probable de robots (Cf. cette étude prospective de BNP-Paribas). Et ce n’est certainement pas un hasard si l’entreprise communique sur le nombre total de salariés du site, et non sur son accroissement lié aux nouvelles constructions (article du Progrès) !
Non, M. de Longevialle, ce n’est la « la gauche » qui a créé une zone d’aménagement en plein quartier résidentiel, comme vous l’avez sournoisement suggéré en conseil municipal, puisque cette ZAC a été imposée par la préfecture au maire de l’époque, M. Branciard, qui n’en voulait pas. Et c’est Mme Lamure, au début de son premier mandat, qui a autorisé Cepovett à s’installer sur le site en question.
Enfin, il faut bien admettre le préjudice considérable que subissent les riverains du site. Outre le risque d’un accident industriel d’ampleur (on ne demande pas un classement ICPE pour rien…), ils vont devoir supporter l’ombre portée de bâtiments gigantesques qui bouchent leur horizon (Cf. photo), ainsi que les bruits et vibrations liés à l’activité, avec notamment une circulation accrue de camions.
S’il est vrai que cette démarche d’enregistrement relève de la responsabilité « légale » de la préfecture, la responsabilité « morale » de la municipalité est fortement engagée. Face au trouble manifeste de voisinage qui en découle, et qui implique non seulement des habitations mais également une école, un centre social, un stade et une maison médicale, la mairie aurait pu – aurait dû – consulter la population concernée, ne serait-ce que pour lui permettre de déposer des recours dans les délais impartis.
Les riverains de Cepovett sont venus nombreux à ce conseil municipal du 5 mars, mais ils n’ont pas été autorisés par M. de Longevialle à prendre la parole. Depuis le début, ils sont tenus à l’écart des décisions qui les concernent. Il serait pourtant grand temps pour la municipalité de Gleizé d’être à l’écoute de ses administrés, et de leur accorder le soutien légitime qu’ils sollicitent.
En page 35 du dernier bulletin municipal (voir ici), on peut lire dans la tribune des élus du groupe majoritaire : « nous veillons au développement harmonieux de Gleizé en privilégiant la place de la nature avec des actions exemplaires et durables en termes d’environnement[…] Toujours proche de vous et à votre écoute ». A la lecture de cette profession de foi, on pourrait se demander si le quartier de la Chartonnière fait vraiment partie de Gleizé…