Nous avons relaté sur notre page Facebook le soutien que notre association a apporté à la famille Abdelhadi, si durement éprouvée par le meurtre de son fils et frère Mohamed, et par l’incroyable dysfonctionnement de la Justice, qui a relâché les meurtriers pour cause de dossier « égaré » (lire ici l’article du Parisien). L’affaire est toujours en examen à la Cour de cassation de Paris, et si l’attente est longue, l’espoir que la Justice répare son erreur reste vivace.

Ce qui caractérise la démarche de la famille Abdelhadi, c’est avant tout d’en appeler avec force aux valeurs républicaines, et de ne pas en faire une affaire de quartier, de maghrébins, ou de musulmans. Bien sûr, ce que la famille appelle pudiquement « la communauté » s’est mobilisée en nombre. Il n’y a qu’à observer les contributions sur les réseaux sociaux, ou la générosité avec laquelle des commerçants ont mis la main à la poche pour « leurs frères et sœurs ». Mais d’autres français se sont également impliqués.

De façon assez visible, certains responsables politiques locaux ont apporté leur soutien. Leur sincérité n’est pas discutable, même si leur intérêt électoral ne l’est pas non plus. D’autres soutiens de poids se sont également joints à ce mouvement de solidarité, comme l’avocat lyonnais David Metaxas, le responsable régional de l’association Assistance et recherche de personnes disparues, Bernard Valezy, ou encore le père Christian Delorme, initiateur de la Marche pour l’égalité en 1983.

On compte aussi parmi les soutiens de simples militants associatifs et politiques, humanistes et progressistes, féministes et écologistes. Des citoyens engagés dans la société et qui pour certains agissaient pour la première fois main dans la main avec les habitants des quartiers. Par-delà la diversité des parcours de vie et des convictions philosophiques, le sentiment d’appartenir à une même citoyenneté s’est imposé, comme en témoigne ce drapeau tricolore fièrement arboré lors de la marche blanche en mémoire de Mohamed. Lorsque le respect mutuel et la tolérance sont au rendez-vous, les clichés s’estompent, le champ des possibles s’ouvre, et l’espoir d’un rapprochement entre les différents habitants peut prospérer.

Si le chemin est encore long et particulièrement escarpé, c’est pour notre association citoyenne une avancée significative. Depuis notre création il y a 10 ans, nous rencontrons quelques difficultés à nouer des contacts réguliers dans les quartiers. Notre modeste contribution au mouvement de solidarité avec la famille Abdelhadi est évidemment totalement désintéressée. Il n’empêche que c’est là l’occasion d’une meilleure connaissance mutuelle entre nos adhérents et les habitants des quartiers, et ce n’est déjà pas rien !